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Christian
MEYER
meyer@versailles.inra.fr
INRA, Institut Jean-Pierre Bourgin (IJPB), Versailles,
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Introduction
Amborella trichopoda est un arbuste de sous-bois, endémique de la Nouvelle-Calédonie (1), et la seule espèce de l’ordre monotypique des Amborellales. Les études de phylogénie moléculaire ont identifié cette espèce en tant que groupe frère de l’ensemble des autres angiospermes (plantes à fleurs) vivantes (2), soit à peu près 300 000 espèces. Bien qu’isolé du point de vue phylogénétique, l’ordre des Amborellales fait partie de trois lignages qui ont divergé très tôt au cours de l’évolution des angiospermes, et qui sont regroupés sous le nom du Grade ANA (pour Amborellales, Nymphaeales et Austrobaileyales). Les deux autres ordres de ce grade regroupent chacun à peu près 100 espèces. La comparaison des espèces du Grade ANA a permis d’identifier certains des caractères ancestraux probables des plantes à fleurs, et A. trichopoda possède en effet la majorité de ceux-ci (3, 4). Par exemple, les fleurs d’A. trichopoda sont petites et comportent des organes arrangés en spirales. Parmi ces organes, il n’y a pas de distinction morphologique entre pétales et sépales (on parle alors de tépales), et les carpelles sont non-fusionnés et partiellement ouverts. Lors de la fécondation chez A. trichopoda, les tubes polliniques accèdent donc au seul ovule présent dans chaque carpelle par une ouverture se trouvant l’apex de ce dernier. Contrairement à la condition ancestrale supposée des angiospermes, A. trichopoda est dioïque, les fleurs mâles et femelles se trouvant sur différents pieds de la plante. La position phylogénétique clé d’A. trichopoda fait de cette espèce un modèle important pour comprendre l’apparition soudaine des plantes à fleurs lors du Crétacé inferieur, un événement qualifié par Charles Darwin de « mystère abominable ». Un consortium de laboratoires américains a déjà commencé à constituer des ressources génomiques à partir d’un seul individu d’A. trichopoda (5). Des EST, des séquences d’extrémités de clones BAC et quelques séquences de clones BAC entiers sont disponibles. La comparaison du génome entre espèces du Grade ANA devrait à terme permettre une reconstruction partielle du génome ancestral des plantes à fleurs.
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